« Depuis le silence d’une pensée, devenu l’extension démasquée.
Fermer les yeux, y percevoir tes battements.
Parler tout comme si j’entendais ton esprit.
Respirer et partager ton souffle. »
Est-ce le premier mot qui retient ton attention, le dernier mot qui scellera l’impression ? Tout au long du voyage, j’aimerais que tu entendes mes notes pour ne jamais oublier cette mélodie. Il y a cette vie et qui l’on est, l’arrière cour et le premier plan. Peu importe la durée de ma présence, quand le masque est à terre et le cœur mis à nu, l’on retient l’éternité d’un souvenir. Saisir le langage d’un être unifié, vivant, entier ; c’est aussi risquer la gravure merveilleuse.
Toute notre vie, nous existons et respirons aussi naturellement que nous créons d’infinies empreintes, sans même nous en rendre compte. Partout où nous allons, dans chacune de nos pensées, regards croisés, silence abordé, énergie déployée, nous véhiculons une marque, aussi infime soit-elle. La marque de notre longueur d’onde.
La rencontre d’une longueur d’onde familière à la nôtre est aussi précieuse qu’un soleil de parhélie, deux émanations visibles provenant d’un seul et même rayon. Précieuse, miraculeuse, exceptionnelle ; de simples mots ordinaires tout comme le sont les différentes appellations des notes. Mais lorsque les mots sont vécus, que les notes sont jouées ; aucune retranscription ne pourrait partager la force de nos émotions, de cette vie dans la vie, du caractère de nos sentiments et de la pulsation de notre âme. À quoi bon une vie toute entière sans ressentir l’instant avec grâce, sans ne jamais rencontrer ce sentiment plus vivant encore que l’existence, sans constituer notre chronologie d’éternels souvenirs, sans connaître cette imprévisible vibration dans notre thorax, balayant toutes les poussières anodines de notre chemin ?
Vivre, ce n’est pas seulement du temps, un passé, des rencontres, des mots échangés, une solitude, une course effrénée, des choix, virages et décisions, une latence, des interrogations, des doutes, des succès et échecs, des photos dans le cœur, des hasards qui résonnent. C’est aussi la cascade qui vient sans prévenir, la rafale puis l’éclair venus perturber notre socle, la force d’un courant, la douceur d’une évidence pourtant inconnue, la seconde infiniment plus vibrante que des années d’illusions.
Tu le sais au fond de toi, quand la sensation de toucher l’essence ciel vient remplir la maison de ton âme. Quelle que soit la route, les obstacles, les pages écrites au jour le jour, la nature de tes combats et la finalité de tout ceci ; vînt l’extraordinaire liberté de rejoindre le centre de sa paix.
Kimy B.