De l’encre pour les sans-voix.

« Le cri porté à l’autre bout de la planète, retenti dans chaque cœur. Pour cette larme qui ne parvient plus à couler, par trop d’injustices accumulées ; c’est une terre entière rendue aride d’humanité. »

Des mots, pour les déshérités d’un système élitiste.

C’est pour toi qui dort dehors. Pour toi qui préfère t’attarder sur tes rêves plutôt que la douleur dans ton ventre, ne pouvant manger à ta faim. Portion, restriction, jusqu’à ne plus rien pouvoir avaler. Pour toi que l’on frappe par l’injustice de l’indifférence et les failles d’une humanité corrompue. Pour toi qui n’a eu la chance de connaître les bancs de l’école, pour toi encore, qui n’aura réussi à réunir assez d’argent pour te payer de grandes études. Pour tous ces ouvriers qui travaillent si durement et, ces cadres dont leur confort dépasse de très loin leur mérite.  Pour cette planète qui ne tourne plus tout-à-fait rond, qui tourne mal, qui tourne quand même. Pour cet enfant que l’on a si longtemps rabaissé, devenu l’adulte se rabaissant par lui-même.

Mon cœur est mon encrier. Ces mots, je les veux en humanité. Je les veux en clarté. Être différent d’une norme ordinairement bancale. Norme ordinairement touchée par les feux d’une conscience à demie-éteinte. Le ressens-tu ? Ce flot d’automatismes quotidiens, devenu incrusté dans le regard.

..Différent, lucide, traversé, connecté. Qu’il en faut du courage pour se réanimer. Pour réveiller cette étincelle que pas un être vivant ne mérite de perdre. En réalité, nous nous arrangeons pour ne pas que les mots touchent trop profondément. Pourtant, en rétablissant notre circuit, notre intégrité, le lien entre notre cœur et notre regard, nous respirons entièrement et défions bien des habitudes sclérosées.

Pour cette petite lumière sur laquelle, la vie a parfois bien trop soufflé. Si je pouvais m’adresser directement à toi, je te dirais.. Qu’il faut parfois beaucoup de temps pour retrouver la ligne de ses rêves, pour découvrir ce qui nous habite. Alors laisse-toi du temps mais, ne te laisse jamais complètement éteindre.

Les mots sont peut-être bien peu de choses.
Pourtant, je ne connais pas un seul changement ayant commencé sans eux.

Kimy B.

Publié par Conscienciel.

Tout simplement passionnée par l’écriture. À tous ceux qui diraient que les mots ne sont que des mots, je leur répondrai ceci : Peux-tu dire de la musique, capable de vibrer du corps jusqu’à l’âme; qu’elle n’est que musique ? Peux-tu dire du seul contact de la peau, permettant de sauvegarder un être en péril; qu’il n’est que contact ? Peux-tu dire d’un regard silencieux mais combien criard, qu’il n’est que regard ? Les mots sont l’histoire, la vie et la mémoire. Les mots sont le souffle, l’énergie, l’intention, la pensée, la particule, l’enveloppe de la vibration; ils sont l’outil, le moyen, le début, l’intermédiaire, le point, le trait, le contour. Lorsque tu n’en auras plus besoin et seulement ici, tu comprendras combien ils t’ont élevé.