L’écriture, siège d’éternité.

 « En-dehors, à coté.
Avant ou après.
Sois seulement qui tu es.
Suis tes propres pas.
Le reste est tel un ballet, une pièce de théâtre.»

Comment dépasser ce standard que l’on nous imprime dès la naissance ? Le standard de la pensée prête à l’emploi, de la connaissance testée et jugée, désapprouvée puis remaniée. L’on nous façonne lentement, sûrement, en plein cœur. Jusqu’au jour où tel un sursaut en plein sommeil, nous ressentons cette impression de déjà-vu. Puisse ce souffle d’oxygène nous insuffler que nous ne sommes pas le disque, nous ne faisons que danser sur la musique.

..Si l’écriture serait une terre, elle serait ma halte avant la levée du jour, mon refuge à la tombée de la nuit. Une intrinsèque vibration, quel que soit le lieu. Il m’est parfois nécessaire de prendre le temps, afin de m’arrêter sur mon chemin. Freiner une dynamique perpétuellement en mouvement et y écouter la vie. Je me questionne alors..

Suis-je faite de mes craintes, de mes courages ?
Suis-je faite de mes souvenirs, de mes audaces ?
Puis-je définir ce qui m’anime, la manière dont je souhaite me déployer ?

En une apparente cessation de mouvement, l’extraordinaire ne cesse jamais vraiment d’agir. Des réponses surviennent et des précieux hasards apparaissent.

Lorsque nous étiolons les angoisses que nous bâtissons en nous-même, nous cessons de nous identifier strictement à la réalité qui nous entoure. Cette réalité là est éphémère tandis que nous sommes le siège d’une toute éternité. Aucun référentiel ne devrait dicter une normalité résolument close et rigidifiée. Des milliards d’identités différentes foulent chaque jour notre sol. À nous tous, nous pourrions représenter une nouvelle cartographie de l’univers terrestre. Imaginons une carte en plusieurs dimensions, où y brilleraient autant d’étoiles, que d’êtres vivants. Un monde où les points lumineux présents dans les cieux, côtoieraient ceux du sol (par la démographie désignée elle-aussi en une multitude de points). Des constellations d’êtres vivants, mêlées à celles placées au-dessus de notre tête. C’est ainsi dire que les énergies ne cessent de danser et se mêler. En chair, en énergie agglomérée par sa vibration ralentie, en matière dé-densifiée par son activité accélérée.. Rien ne peut être obstrué indéfiniment par raison, lorsque notre présence défie elle-même toute raison. Nous sommes des notes, des couleurs, des lumières, des variations, des harmonies, des êtres de vie. Nous sommes aussi des silences. Défiant les discours et savamment écoutés, ils deviennent quintessence. La matière existentielle d’un face à face envers la vie.

De la composante d’un silence nait l’écriture.. En voici une prose dédiée :

Décomposer le silence par la lettre plurielle.
Lettre plurielle déposée depuis l’immensité.
Pas un seul mot qui ne soit hors de notre portée.

Enrichir la liberté, par cette plume faite de ciel.
Écrire tout en oubliant l’outil pré-formé.
Nous servir de l’apprentissage, s’affranchir de ses consignes.

Le mouvement sans enclave, nous murmure bien des signes.
Délaissant les croyances, afin d’imprégner et parsemer.
Chacun de nos pas, d’un parfum de singularité.

Un seul silence composé par le fil de notre cœur, vaut bien des milliards de mots sans âme. À l’intérieur de ce sanctuaire réside toute l’essence d’un être. Retrouver les sources de l’esprit en y ôtant les formes, ne serait-ce entendre la musique du mot par-delà la lettre ? Par extension, notre propre sonorité. Je vous propose le vertige d’un espace infini. La  rencontre entre vous et vous-même. Seule l’émission de votre fréquence, tracerait l’esquisse de votre chemin. Ce que je vous souhaite ? Que votre vie résonne de pair à vos aspirations profondes. Je vous souhaite chef d’orchestre de votre propre partition. Je vous souhaite de composer votre plus belle œuvre. Puissiez-vous vous déployer comme jamais, habiter chaque seconde sans ne jamais les retenir.

Et puisque l’existence semble être le siège d’innombrables théâtralités ; souvenons-nous toujours de jouer Notre musique.

Éperdument, vivons. Vivons, vraiment.
Cela commence en prenant conscience que l’on peut mourir, sans s’être ressenti(e) vivant(e).
Combien de corps survivent, à défaut de vivre ?
Combien déplorent ne jamais s’être ressenti traversés par la force de l’amour ?
L’amour sous toutes ses formes. L’amour de vivre pleinement, l’amour de conscientiser notre chance. Arrêtons de dénigrer les sorties de sentiers en privilégiant les chemins collectifs. La majorité n’est pas toujours la réponse. Depuis combien d’inversements et d’opposés avons-nous du nous perdre, pour nous trouver ?

Occupons la place qui est nôtre. Que notre empreinte soit notre promesse de loyauté envers nous-même. Entre raison intellectuelle, intuition subtile, intelligence intra et interpersonnelle ; notre ressource émotionnelle est une immense liberté. En écoutant nos émotions, nous respectons une forme différente de langage. Sorte de champ de conscience, l’infinité de notre essence est aussi prodigieuse que l’est celle de notre univers. Paradoxalement, notre infinité contenue en l’écrin de l’existence terrestre, pourrait être aussi fugace qu’un éclair.. aussi intemporelle que notre substance immatérielle.

Délaissons la confusion du lendemain et l’impact d’hier, soyons précisément et seulement cet instant.
La grâce de l’inspiration, l’état de l’expiration, le regard transperçant et transpercé.
En l’authenticité et la distinction, notre infinité nous dessine la direction.

Kimy B.

Publié par Conscienciel.

Tout simplement passionnée par l’écriture. À tous ceux qui diraient que les mots ne sont que des mots, je leur répondrai ceci : Peux-tu dire de la musique, capable de vibrer du corps jusqu’à l’âme; qu’elle n’est que musique ? Peux-tu dire du seul contact de la peau, permettant de sauvegarder un être en péril; qu’il n’est que contact ? Peux-tu dire d’un regard silencieux mais combien criard, qu’il n’est que regard ? Les mots sont l’histoire, la vie et la mémoire. Les mots sont le souffle, l’énergie, l’intention, la pensée, la particule, l’enveloppe de la vibration; ils sont l’outil, le moyen, le début, l’intermédiaire, le point, le trait, le contour. Lorsque tu n’en auras plus besoin et seulement ici, tu comprendras combien ils t’ont élevé.