Le silence du lien.

Ils étaient là, assis l’un en face de l’autre dans cette réalité éthérée.
L’un était le récepteur, l’autre était l’émetteur.
Pourrait-on parler d’un souvenir au présent ?

En ce monde sans aucun monde, cette densité sans densité, régnait une douceur à l’équilibre inviolable. Si la promesse était respectée, si leur sonar allait parvenir à les réunir alors seulement..

Dans un habit de chair, dans un univers où les particules vibrent si lentement et densifient la matière, tout se fait oubli. Les apparences t’enseigneront à écouter avec l’ouïe intérieure. L’émetteur devenait le récepteur, le récepteur devenait à son tour l’émetteur. Les vagues, les intentions, les images, les impressions.. Le vocabulaire d’une âme à l’autre état telle à une photographie gravée dans l’esprit. Tout comme ce médaillon porté sur le cœur, emportant avec lui le secret des visages chers.

Le voile posé serait-il un pacte d’authenticité ?

Se retrouver sous d’autres formes, en d’autres lieux, plongés au cœur d’une vie où la connexion est écartée dès la naissance. Ne chasse ni la nostalgie, ni la mélancolie de ta vie, ils sont à la fois souvenirs et stigmates de cette absence. Le sceau que tu emportes de vie en vie, de visages en visages.

Écouter la joie est une capacité à entendre son inverse.

En ce silence, résidait une communication d’une infinie richesse. Rien ne pouvait parasiter l’échange au cœur de ce langage ondulatoire. Des couleurs extraordinairement uniques.. Qu’il était beau de percevoir ces innombrables particules de lumières, émanées depuis l’espace entre ces deux êtres.

Aux valeurs inversées à présent, l’on t’a appris à fuir l’absence de mots audibles à ta chair. Ne cesse de ré-apprendre et reconnaître cette présence dans le silence. Un silence impérissable, où l’âme de mon âme, le cœur de mon cœur et l’essence dans cette essence sont partiellement restés.

À mi chemin entre ce Monde et l’anti-Monde, jouer le jeu d’un univers sans oublier que l’oubli est une arme à la fois puissante et tout à fait faible.

N’oublie t-on jamais vraiment le passage éphémère et le souvenir permanent.

Kimy B.

Publié par Conscienciel.

Tout simplement passionnée par l’écriture. À tous ceux qui diraient que les mots ne sont que des mots, je leur répondrai ceci : Peux-tu dire de la musique, capable de vibrer du corps jusqu’à l’âme; qu’elle n’est que musique ? Peux-tu dire du seul contact de la peau, permettant de sauvegarder un être en péril; qu’il n’est que contact ? Peux-tu dire d’un regard silencieux mais combien criard, qu’il n’est que regard ? Les mots sont l’histoire, la vie et la mémoire. Les mots sont le souffle, l’énergie, l’intention, la pensée, la particule, l’enveloppe de la vibration; ils sont l’outil, le moyen, le début, l’intermédiaire, le point, le trait, le contour. Lorsque tu n’en auras plus besoin et seulement ici, tu comprendras combien ils t’ont élevé.