« Si je me dilue pour m’adapter,
Que cela soit pour réveiller de plus forte manière encore,
Toute l’étincelle de mon âme. »
Riche de ses nombreuses couleurs, vibrantes, colorées et acidulées, l’arc-en-ciel dansait avec la lumière. Chacune de ses variations rayonnaient de précieuses particules énergétiques.
Cependant, l’arc-en-ciel était seul. Ses multiples rayons de couleurs faisaient de lui, un être incompris et craint. Il était l’unique arc de vie à disposer d’une émanation colorée multiple, tandis que les autres compagnons de cette Terre ne vibraient qu’un seul faisceau de couleur dominante.
L’arc-en-ciel ne souhaitant plus de cette solitude, décida de modifier son système de fonctionnement interne, lequel modifia également son champ de résonance. Divisant le multiple, brisant son arborescence, il éteignit la pluralité de son être et se sépara de chacune de ses couleurs. Fier de son geste, il ne garda qu’une seule et unique teinte, afin de ressembler à ses pairs. Allait-il enfin être intégré, vivre la vie qu’il s’était jusqu’alors imaginé avec grande joie ? Là, avec les autres, comme les autres. Entouré, mélangé, inclus à part égale dans cette dynamique harmonie collective.
Petit arc-en-ciel devenu mono-couleur, adulé et adoré dans sa nouvelle vie, avait réussi son défi. Il était devenu comme les autres et de nombreux êtres semblaient graviter autour de lui. Il devait cependant cacher sa vérité profonde, d’où venait-il, son véritable mode d’échanges internes et ses multiples connexions colorées.
Il ne comprenait point sa tristesse, son sentiment de flottement, cette place dûment souhaitée ne lui semblait pourtant pas réelle. Arc-en-ciel se revoyait dans sa vie d’avant, lorsqu’il était seul mais libre, peut-être non intégré mais intègre à lui-même, incompris mais fidèle envers son originelle essence.
Laquelle de ces deux vies l’appelaient profondément dans son cœur ?
Il ressentit l’évidence. Sa raison d’être ne se dessinait nullement avec la présence de tout-un-chacun mais, au sein de sa propre et pleine présence. S’il fallait qu’il se sépare d’une partie de lui-même, qu’il ampute, sacrifie, détruise et mutile sa véritable émanation ; il ne pouvait s’agir de la vie digne de son rêve, de cet amour tant rêvé et de sa place si désirée. Il décida de rétablir ses connexions et retrouver une à une ses couleurs.
L’arc-en-ciel ne pouvait exister autrement, qu’au travers du mouvement multicolore et des variations sans cesse changeantes, illuminant l’ensemble en une instantanéité, contenant chaque mémoire alors même que les êtres ne se souvenaient plus de lui.
Après-tout, peut-être que d’autres arc-en-ciel existaient tout comme lui ?
Il pourrait alors leur raconter son expérience, ce que l’on ressent en-dehors de sa propre voie, sa raison d’être, le pouvoir de nos choix.. tout en étant particulièrement lui-même. Et avec joie, il écouterait le récit de ces êtres qui tout comme lui, avaient soif de leur retrouvaille.
Kimy B.