En l’honneur de la différence.

« Oublions la perfection des corps et révélons celle de l’âme. La beauté de la bonté humaine ne peut décliner, tant que notre conscience nous élève. »

On imagine, on ressent, on suppose la différence. Jusqu’au jour où cette distinction vient frapper à la porte de notre âme. Depuis la chambre noire de mon être, ciel d’infinité et de tous les possibles ; tu es venu vivre sur cette Terre. Bien qu’exceptionnelle, ton atypicité est perçue telle une pièce à double face.

Pile, elle est un spectre à soigner ; une différence à maîtriser.
Face, une sensibilité extraordinaire ; siège d’une authenticité remarquable.

L’injustice, l’ignorance, l’infériorisation.. Trois pierres dressées sur ton chemin. Elles ne proviennent pas de qui tu es, seulement de la manière dont tu es perçu. Injustice. Ignorance. Infériorisation. En ces trois mots, je vous présente un fléau. Le fléau collé à la peau de bien des êtres autistes.

En me battant pour toi et avec toi, pour cette place qui est tienne et ta différence hors-cadre ; tu as bouleversé ma vie. Bouleversée et réveillée. Pour comprendre l’immensité de ton intelligence émotionnelle, ta sensibilité plurielle et ton incroyable mémoire ; il me fallait plonger en mes propres unicités verrouillées par la vie. Me libérer de la case par laquelle étais-je rentrée de force, pour y libérer mon existence de bien des faux-semblants.

Faire, être, faire, être, ce que l’on attendait de moi. La pensée lentement inoculée en mon esprit, dès l’enfance. Ce fléau-ci n’est jamais évoqué. Conditionner l’enfant à être, faire, être, faire, selon les attentes posées sur lui.

Toi pour qui les verbes [Être], [Faire] et [Vivre] ne peuvent s’altérer d’aucun compromis à devenir un autre que toi-même ; tu relèves jour après jour le plus beau des challenges. Vivre, écouter, ressentir, communiquer différemment, tout en révélant tes infinies possibilités pour qui démontre la patience d’apprendre à te connaître -vraiment-.

Tu ne fais les choses pour répondre avec soumission hiérarchique.
Tu vis, respire et aime avec ton âme. Tout droit depuis ton cœur. Sans te dissocier.
Ce que tu fais, tu ne le fais pas seulement : tu le vis.

La spécificité de ne pouvoir donner sans tricher, de ne regarder ou répondre seulement lorsque tu ressens l’autre entièrement présent. Transmettre ton affection tandis que l’on ne s’y attend pas ou plus, est extraordinaire. En l’espace du lâcher-prise, je décide de poser à terre l’ensemble de mes attentes à ton égard. Je t’accepte tel que tu es mon fils. Je t’accepte, autant que je t’Aime.

En acceptant simplement qui tu es, tout est possible.
En te proposant sans te contraindre, tu te découvres.
En intégrant ton monde sans l’écraser du mien, tu me rejoins.
En m’adaptant à toi sans enfreindre ton rythme, tu te déploies.

Le respect, la patience, l’acceptation, la différence, la leçon et le sens, l’endurance, la résilience, le courage, la sagesse. Je n’aurai jamais autant expérimenté les différentes facettes glissées dans les coulisses de nos vies, en face à face avec la réalité du quotidien ; que depuis ta venue en ma vie.

Pour toi mon fils, pour tous les êtres autistes et leur entourage.
Ne laissez jamais vos droits êtres bafoués. Courage.
Vous êtes infiniment précieux. Croyez en vous.
Toujours. Pour toujours.

Kimy B.

Publié par Conscienciel.

Tout simplement passionnée par l’écriture. À tous ceux qui diraient que les mots ne sont que des mots, je leur répondrai ceci : Peux-tu dire de la musique, capable de vibrer du corps jusqu’à l’âme; qu’elle n’est que musique ? Peux-tu dire du seul contact de la peau, permettant de sauvegarder un être en péril; qu’il n’est que contact ? Peux-tu dire d’un regard silencieux mais combien criard, qu’il n’est que regard ? Les mots sont l’histoire, la vie et la mémoire. Les mots sont le souffle, l’énergie, l’intention, la pensée, la particule, l’enveloppe de la vibration; ils sont l’outil, le moyen, le début, l’intermédiaire, le point, le trait, le contour. Lorsque tu n’en auras plus besoin et seulement ici, tu comprendras combien ils t’ont élevé.